Dimanche 29 juin 2008

Fin

Et puis vint notre tour.

L'achat de notre maison avait pris un sacré retard. Nous ne savions pas ou aller, mais une amie partait en vacances et nous a proposé de garder son chat et sa maison pour juillet-août.

Cela tombait bien. Nous ne pouvions plus supporter le père Rose. Toujours à nous chercher des noises, il profitait de la terreur qu'il nous inspirait pour nous casser les pieds.

Nous avons fait nos cartons et avons amené nos affaires chez notre amie, squattant son salon comme garde meuble en attendant une solution.

A défaut de pouvoir habiter notre future maison, nous avons demandé à pouvoir y mettre au moins nos affaires. Mais la propriétaire hésitait, craignant une entourloupe.


C'est vraiment au dernier moment que nous avons pu organiser un déménagement. Louant un camion, recrutant notre copain le plus balèze, on est arrivé à la maison des Roses en croisant les doigts : pourvu qu'il ne vienne pas nous casser les pieds. Il faut dire que la stature de notre amis (un antillais de 120 kilos au bas mot) avait de quoi dissuader.

Nous avons emporté ce qu'il restait dans l'appartement : gros meubles et electro-ménager; fait un saut chez la copine ou nous créchions, ajouté les cartons à l'arrière du camion, et zoup ! Direction le Marin ou nos anciens voisins « les sportifs » nous attendaient pour nous aider à décharger. Ils n'avaient pas voulu venir chez les Roses, on se demande pourquoi.


Les jours suivant, nous sommes revenus quotidiennement nettoyer l'appartement de fond en comble. Nous avons même balayés les murs et le plafond, passé scrupuleusement la serpillière deux fois et gratté, à quatre pattes et à grande eau le palier devant chez nous, sous l'oeil amusé du père Rose qui n'en ratait pas une miette. De plus nous avions changé tous les robinets, la chasse d'eau, la tringle et le rideau de douche. On a nettoyé toutes les portes à l'éponge, gratté l'évier comme des malades, briqué la douche, les toilettes, les fenêtres, le miroir de la salle de bain, nettoyés les interstices du bar au coton tige et au cure dents...

Je peut dire que ça n'a jamais autant reluis.


Devinez ce qu'à dit Rose en entrant pour l'état des lieux ?

Allez... Devinez !


- C'est sale !

Vous l'auriez parié, non ?

Il était accompagné de sa femme, qui n'a pas manqué de me faire valoir comme elle était grande et généreuse de nous honorer de sa présence.

Bref, on était décidé à ne pas se laisser entrainer sur cette voie.

- Non, c'est propre, ça n'a jamais été aussi propre.

- Si la porte là...

- Je l'ai nettoyée À L'ÉPONGE tout à l'heure. La porte, elle est propre, maintenant, si on passait à l'état des lieux ?

- Mais je trouve...

- On n'est pas venu pour déblatérer sur votre vision du monde, on est venu faire l'état des lieux et s'en aller le plus vite possible.


Et bien devinez quoi (encore) ?

Bien sûr, comptage de carreaux ébréchés rocambolesque, comme à notre arrivée. Il a cherché, cherché, cherché, et trouvé un onzième carreau ébréché, bien sûr ! Une marque de la taille d'un point sur ce « i » ! Un truc tellement ridicule que s'en était vraiment navrant.

Bref, nous avons signé cet état des lieux sortant, cette bouffonnerie. Surtout que notre contrat de location et l'état des lieux entrant s'était mystérieusement volatilisé. (Mais si ! Souvenez vous, il a disparu le soir de la fête de la musique, alors que vraisemblablement, quelqu'un était entré chez nous, cassant un verre au passage.) On était marrons pour faire valoir nos droits en cas de conflit de toute façon.


Il y avait de l'électricité dans l'air, mais une fois le papier signé et les clefs rendues, Les Roses se sont détendus un peu.

Un jeune couple est arrivé et Rose nous les a présentés comme les futurs locataires. J'ai trouvé curieux qu'il ai trouvé des locataires sans leur avoir fait visiter auparavant. Quoi ? Cela signifierait-il qu'il a fait visiter notre logement en notre absence ? Noooon ! Pas possible !

Et au moment de se dire au revoir, Rose n'y tenant plus, voulant tellement avoir le dernier mot nous dit :

- Vraiment, je regrette ce qu'il s'est passé, j'aimerais avoir vos excuses et on n'en parle plus.

- En gros vous voulez qu'on s'excuse sans quoi vous ne nous rendrez pas notre caution ?

- Mais non, mais vous n'auriez pas dû vous mêler de ce qu'il s'est passé avec vos voisins.

Là, D s'est quelque peut emporté :

- HA NON ALORS ! MOI J'EXIGE DES EXCUSES !

- Plaît-il ?

- Oui, je voudrais que vous vous excusiez d'avoir essayé de me rouler dessus, de nous avoir menacé avec un coupe coupe...

Là, on voit la mine ahurie des nouveaux locataires.

- De nous avoir coupé l'eau, d'avoir dégonflé les pneus de nos voisins...

- Ha non, ça c'était pas moi !

- Ben voyons !

Puis, dans les cris, la joie et la bonne humeur, en souhaitant bien du courage aux petits nouveaux, nous somme partis vers d'autre horizons.


Devenir propriétaire en Martinique fut une aventure d'un autre genre...

Et deux mois, jours pour jours après notre départ, nous avons reçu notre chèque de caution de M. Rose : réduit de deux cents euros. (Sans aucune justification, ça va de soi)


par La Fourmi
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Commentaires

voilà donc une première histoire qui se clôt...

que vas-tu donc écrire, maintenant ?
commentaire n° : 1 posté par : (alex) le: 29/06/2008 15:37:53

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