J'avais de la peine pour Mme Rose. Mariée à un homme pareil.
Elle prenait toujours la défense de son mari, comment eut-elle pu faire autrement ? Elle devait composer avec lui au quotidien, depuis des années et pour des années encore. Moi, je n'avais plus qu'un mois à le supporter, et dieu merci, je ne partageais pas sa couche. (Berk !)
Mme Rose était engagée à vie avec lui. J'imagine que pour des gens aussi religieux, le divorce n'est tout simplement pas envisageable. Pauvre Mme Rose.
Je me suis dit que cette femme était sans doute une victime, et qu'elle pourrait peut-être nous aider à tempérer son impétueux époux.
Je suis allée lui parler.
Quelle conne je suis ! Autant tendre le bâton pour mieux se faire battre.
- Mme Rose, vu les récents évènements, j'aimerais vraiment que ce soit vous qui gériez nos rapports. Pour les visites, et pour l'état des lieux... Hum, je préfèrerais que ce soit vous.
- Ha bon et pourquoi ?
- Heu, parce que votre mari nous a menacé avec un coupe coupe ? Parce qu'il a voulu nous rouler dessus...
- Ha mais c'est de la fautes de vos voisins, là ! Ils n'avaient qu'à payer leur loyer !
- Non, mais franchement, Mme Rose, vous avez gardé la caution, je ne vois pas ou est le problème. Et puis, ça ne donne pas le droit de couper l'eau au gens, de leur dégonfler les pneus...
- Vous insinuez que mon mari à dégonflé les pneus ? Vous l'avez vu faire ?
- Non, mais c'est mon petit doigt qui me l'a dit. Vu que vous gardez la caution, tout ce cirque est ridicule.
- Ils auraient dû payer leur loyer ! On leur aurait rendu leur caution ! Vous insinuez qu'on est des voleurs ? C'est de votre faute ! Vous n'aviez pas à vous en mèler ! Tout ce qui est arrivé est de votre faute(...)
- Bon, bon, bon. Je vois que c'est un dialogue de sourds. Est-ce que vous pourriez être présente aux visites ? Vraiment, je préfèrerais.
- C'est que je ne sais pas si j'ai le temps, mais il n'y aura pas de problème, ça se passera bien, tant que vous payez votre loyer...
- Nan, mais votre mari me fait peur. Vous ne comprenez pas ? J'en tremble quand je le vois. S'il vous plaît...
- C'est parce que vous vous êtes mélé de ce qui ne vous regarde pas...
- pffff ! Bon, j'en ai marre ! Moi, je suis venue vous parler, vous demander un service dites moi simplement oui ou non.
- je verrais
- Au revoir ! (Grrrrrrrrrrr !)
Le père Rose, me terrorisait. Nos voisins partis, notre loyé payé, a prioris, nous aurions pu être un peu tranquille. Mais il ne lâchait pas l'affaire.
Sa nouvelle lubie pour nous embêter ? Faire visiter notre appartement à toute heure du jour.
7h30
DING DING DONG (la « lettre à Elise » à fond la sonnerie)
- Qué passa dans la cagna ? Ça sonne là ? D ! Lève toi, ça sonne !
- Grumph ! M. Rose ! Quelle bonne surprise ! Qu'est ce qui vous amène de si bon matin ?
- Je vous préviens que j'ai un visiteur pour l'appartement qui arrive dans une demi heure.
- Ha ? Et vous venez seulement de l'apprendre ? Vous n'auriez pas pu nous prévenir hier ?
- Vous n'étiez pas là.
- Laisser, un mot, je ne sais pas. Vous savez écrire ?
Nous avons attendu, attendu, le visiteur n'est jamais venu.
D. et moi n'avions aucune envie que Rose entre dans notre appartement. On l'imaginait déjà, faisant visiter notre chambre en critiquant le bordel et la saleté comme il sait si bien faire. Comment éviter que cela se produise ?
12h00
DING DING DONG
(C'est moi qui ouvre ce coup ci)
- Ho ? M. Rose, quelle surprise ! Vous avez retrouvé votre visiteur ?
- Bonjour, ce monsieur est venu visiter.
- Mme Rose n'est pas là ? Entrez Monsieur. Ha non, vous, M. Rose, vous pouvez rester dehors. On va lui montrer l'appartement.
Le père Rose était scié. Il n'osait pas faire un scandale devant le visiteur, aussi n'insista-t-il pas. (c'est français ça ?)
Je revois son visage surpris, son élan arrêté en plein vol, et j'en rigole encore. Il ne s'attendait pas à ça, et surtout pas de ma part.
J'appréhendais une réaction violente, mais non. Il était complètement figé par la stupéfaction. C'était délectable.
Clic clac, la porte fermée devant son nez, à double tour, des fois qu'il réagirait avec un train de retard.
- Bonjour, c'est vous qui deviez passer ce matin ?
- Ha non.
- Bon, alors voilà, le séjour est très grand, la terrasse trop petite, la deuxième chambre n'a pas de fenêtre (...) le propriétaire est exécrable...
- Ho ben de toute façon ça ne me convient pas.
- Vous faites bien, au revoir, bonne fin de journée !
En le raccompagnant, M. Rose nous signala qu'il y aurait « peut-être » un autre visiteur vers 19h00
- Comment ça « peut-être » ? Vous ne pouvez pas nous coincer là toute la journée avec des visites hypothétiques matin, midi et soir ! Passons pour ce soir, mais dorénavant, vous nous préviendrez la veille et on fera en fonction de nos disponibilités !
(On n'avait pas l'intention de se laisser emmerder comme ça, trop facile le coup des visiteurs qui passent « peut-être » trois fois par jours !)
Personne n'est venu le soir, puis, comme le proprio se plaignait de ne pouvoir organiser les visites sans connaître notre emplois du temps (cela impliquait de devoir rappeler la personne pour confirmer le rendez vous. Houlala, trop compliqué !) Nous avons convenus que le jour des visites serait le mercredi et puis c'est tout.
Nous avons eu finalement très peu de visiteurs. Tant mieux.
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Ca se trouve il a fait visiter pendant que vous étiez pas là.
Bisous
Peggy