bizzzz
Et puis vint notre tour.
L'achat de notre maison avait pris un sacré retard. Nous ne savions pas ou aller, mais une amie partait en vacances et nous a proposé de garder son chat et sa maison pour juillet-août.
Cela tombait bien. Nous ne pouvions plus supporter le père Rose. Toujours à nous chercher des noises, il profitait de la terreur qu'il nous inspirait pour nous casser les pieds.
Nous avons fait nos cartons et avons amené nos affaires chez notre amie, squattant son salon comme garde meuble en attendant une solution.
A défaut de pouvoir habiter notre future maison, nous avons demandé à pouvoir y mettre au moins nos affaires. Mais la propriétaire hésitait, craignant une entourloupe.
C'est vraiment au dernier moment que nous avons pu organiser un déménagement. Louant un camion, recrutant notre copain le plus balèze, on est arrivé à la maison des Roses en croisant les doigts : pourvu qu'il ne vienne pas nous casser les pieds. Il faut dire que la stature de notre amis (un antillais de 120 kilos au bas mot) avait de quoi dissuader.
Nous avons emporté ce qu'il restait dans l'appartement : gros meubles et electro-ménager; fait un saut chez la copine ou nous créchions, ajouté les cartons à l'arrière du camion, et zoup ! Direction le Marin ou nos anciens voisins « les sportifs » nous attendaient pour nous aider à décharger. Ils n'avaient pas voulu venir chez les Roses, on se demande pourquoi.
Les jours suivant, nous sommes revenus quotidiennement nettoyer l'appartement de fond en comble. Nous avons même balayés les murs et le plafond, passé scrupuleusement la serpillière deux fois et gratté, à quatre pattes et à grande eau le palier devant chez nous, sous l'oeil amusé du père Rose qui n'en ratait pas une miette. De plus nous avions changé tous les robinets, la chasse d'eau, la tringle et le rideau de douche. On a nettoyé toutes les portes à l'éponge, gratté l'évier comme des malades, briqué la douche, les toilettes, les fenêtres, le miroir de la salle de bain, nettoyés les interstices du bar au coton tige et au cure dents...
Je peut dire que ça n'a jamais autant reluis.
Devinez ce qu'à dit Rose en entrant pour l'état des lieux ?
Allez... Devinez !
- C'est sale !
Vous l'auriez parié, non ?
Il était accompagné de sa femme, qui n'a pas manqué de me faire valoir comme elle était grande et généreuse de nous honorer de sa présence.
Bref, on était décidé à ne pas se laisser entrainer sur cette voie.
- Non, c'est propre, ça n'a jamais été aussi propre.
- Si la porte là...
- Je l'ai nettoyée À L'ÉPONGE tout à l'heure. La porte, elle est propre, maintenant, si on passait à l'état des lieux ?
- Mais je trouve...
- On n'est pas venu pour déblatérer sur votre vision du monde, on est venu faire l'état des lieux et s'en aller le plus vite possible.
Et bien devinez quoi (encore) ?
Bien sûr, comptage de carreaux ébréchés rocambolesque, comme à notre arrivée. Il a cherché, cherché, cherché, et trouvé un onzième carreau ébréché, bien sûr ! Une marque de la taille d'un point sur ce « i » ! Un truc tellement ridicule que s'en était vraiment navrant.
Bref, nous avons signé cet état des lieux sortant, cette bouffonnerie. Surtout que notre contrat de location et l'état des lieux entrant s'était mystérieusement volatilisé. (Mais si ! Souvenez vous, il a disparu le soir de la fête de la musique, alors que vraisemblablement, quelqu'un était entré chez nous, cassant un verre au passage.) On était marrons pour faire valoir nos droits en cas de conflit de toute façon.
Il y avait de l'électricité dans l'air, mais une fois le papier signé et les clefs rendues, Les Roses se sont détendus un peu.
Un jeune couple est arrivé et Rose nous les a présentés comme les futurs locataires. J'ai trouvé curieux qu'il ai trouvé des locataires sans leur avoir fait visiter auparavant. Quoi ? Cela signifierait-il qu'il a fait visiter notre logement en notre absence ? Noooon ! Pas possible !
Et au moment de se dire au revoir, Rose n'y tenant plus, voulant tellement avoir le dernier mot nous dit :
- Vraiment, je regrette ce qu'il s'est passé, j'aimerais avoir vos excuses et on n'en parle plus.
- En gros vous voulez qu'on s'excuse sans quoi vous ne nous rendrez pas notre caution ?
- Mais non, mais vous n'auriez pas dû vous mêler de ce qu'il s'est passé avec vos voisins.
Là, D s'est quelque peut emporté :
- HA NON ALORS ! MOI J'EXIGE DES EXCUSES !
- Plaît-il ?
- Oui, je voudrais que vous vous excusiez d'avoir essayé de me rouler dessus, de nous avoir menacé avec un coupe coupe...
Là, on voit la mine ahurie des nouveaux locataires.
- De nous avoir coupé l'eau, d'avoir dégonflé les pneus de nos voisins...
- Ha non, ça c'était pas moi !
- Ben voyons !
Puis, dans les cris, la joie et la bonne humeur, en souhaitant bien du courage aux petits nouveaux, nous somme partis vers d'autre horizons.
Devenir propriétaire en Martinique fut une aventure d'un autre genre...
Et deux mois, jours pour jours après notre départ, nous avons reçu notre chèque de caution de M. Rose : réduit de deux cents euros. (Sans aucune justification, ça va de soi)
J'avais de la peine pour Mme Rose. Mariée à un homme pareil.
Elle prenait toujours la défense de son mari, comment eut-elle pu faire autrement ? Elle devait composer avec lui au quotidien, depuis des années et pour des années encore. Moi, je n'avais plus qu'un mois à le supporter, et dieu merci, je ne partageais pas sa couche. (Berk !)
Mme Rose était engagée à vie avec lui. J'imagine que pour des gens aussi religieux, le divorce n'est tout simplement pas envisageable. Pauvre Mme Rose.
Je me suis dit que cette femme était sans doute une victime, et qu'elle pourrait peut-être nous aider à tempérer son impétueux époux.
Je suis allée lui parler.
Quelle conne je suis ! Autant tendre le bâton pour mieux se faire battre.
- Mme Rose, vu les récents évènements, j'aimerais vraiment que ce soit vous qui gériez nos rapports. Pour les visites, et pour l'état des lieux... Hum, je préfèrerais que ce soit vous.
- Ha bon et pourquoi ?
- Heu, parce que votre mari nous a menacé avec un coupe coupe ? Parce qu'il a voulu nous rouler dessus...
- Ha mais c'est de la fautes de vos voisins, là ! Ils n'avaient qu'à payer leur loyer !
- Non, mais franchement, Mme Rose, vous avez gardé la caution, je ne vois pas ou est le problème. Et puis, ça ne donne pas le droit de couper l'eau au gens, de leur dégonfler les pneus...
- Vous insinuez que mon mari à dégonflé les pneus ? Vous l'avez vu faire ?
- Non, mais c'est mon petit doigt qui me l'a dit. Vu que vous gardez la caution, tout ce cirque est ridicule.
- Ils auraient dû payer leur loyer ! On leur aurait rendu leur caution ! Vous insinuez qu'on est des voleurs ? C'est de votre faute ! Vous n'aviez pas à vous en mèler ! Tout ce qui est arrivé est de votre faute(...)
- Bon, bon, bon. Je vois que c'est un dialogue de sourds. Est-ce que vous pourriez être présente aux visites ? Vraiment, je préfèrerais.
- C'est que je ne sais pas si j'ai le temps, mais il n'y aura pas de problème, ça se passera bien, tant que vous payez votre loyer...
- Nan, mais votre mari me fait peur. Vous ne comprenez pas ? J'en tremble quand je le vois. S'il vous plaît...
- C'est parce que vous vous êtes mélé de ce qui ne vous regarde pas...
- pffff ! Bon, j'en ai marre ! Moi, je suis venue vous parler, vous demander un service dites moi simplement oui ou non.
- je verrais
- Au revoir ! (Grrrrrrrrrrr !)
Le père Rose, me terrorisait. Nos voisins partis, notre loyé payé, a prioris, nous aurions pu être un peu tranquille. Mais il ne lâchait pas l'affaire.
Sa nouvelle lubie pour nous embêter ? Faire visiter notre appartement à toute heure du jour.
7h30
DING DING DONG (la « lettre à Elise » à fond la sonnerie)
- Qué passa dans la cagna ? Ça sonne là ? D ! Lève toi, ça sonne !
- Grumph ! M. Rose ! Quelle bonne surprise ! Qu'est ce qui vous amène de si bon matin ?
- Je vous préviens que j'ai un visiteur pour l'appartement qui arrive dans une demi heure.
- Ha ? Et vous venez seulement de l'apprendre ? Vous n'auriez pas pu nous prévenir hier ?
- Vous n'étiez pas là.
- Laisser, un mot, je ne sais pas. Vous savez écrire ?
Nous avons attendu, attendu, le visiteur n'est jamais venu.
D. et moi n'avions aucune envie que Rose entre dans notre appartement. On l'imaginait déjà, faisant visiter notre chambre en critiquant le bordel et la saleté comme il sait si bien faire. Comment éviter que cela se produise ?
12h00
DING DING DONG
(C'est moi qui ouvre ce coup ci)
- Ho ? M. Rose, quelle surprise ! Vous avez retrouvé votre visiteur ?
- Bonjour, ce monsieur est venu visiter.
- Mme Rose n'est pas là ? Entrez Monsieur. Ha non, vous, M. Rose, vous pouvez rester dehors. On va lui montrer l'appartement.
Le père Rose était scié. Il n'osait pas faire un scandale devant le visiteur, aussi n'insista-t-il pas. (c'est français ça ?)
Je revois son visage surpris, son élan arrêté en plein vol, et j'en rigole encore. Il ne s'attendait pas à ça, et surtout pas de ma part.
J'appréhendais une réaction violente, mais non. Il était complètement figé par la stupéfaction. C'était délectable.
Clic clac, la porte fermée devant son nez, à double tour, des fois qu'il réagirait avec un train de retard.
- Bonjour, c'est vous qui deviez passer ce matin ?
- Ha non.
- Bon, alors voilà, le séjour est très grand, la terrasse trop petite, la deuxième chambre n'a pas de fenêtre (...) le propriétaire est exécrable...
- Ho ben de toute façon ça ne me convient pas.
- Vous faites bien, au revoir, bonne fin de journée !
En le raccompagnant, M. Rose nous signala qu'il y aurait « peut-être » un autre visiteur vers 19h00
- Comment ça « peut-être » ? Vous ne pouvez pas nous coincer là toute la journée avec des visites hypothétiques matin, midi et soir ! Passons pour ce soir, mais dorénavant, vous nous préviendrez la veille et on fera en fonction de nos disponibilités !
(On n'avait pas l'intention de se laisser emmerder comme ça, trop facile le coup des visiteurs qui passent « peut-être » trois fois par jours !)
Personne n'est venu le soir, puis, comme le proprio se plaignait de ne pouvoir organiser les visites sans connaître notre emplois du temps (cela impliquait de devoir rappeler la personne pour confirmer le rendez vous. Houlala, trop compliqué !) Nous avons convenus que le jour des visites serait le mercredi et puis c'est tout.
Nous avons eu finalement très peu de visiteurs. Tant mieux.
Comme il était têtu, en plus d'être sportif, notre voisin vint faire l'état des lieux. Seul, car son amie était moins kamikaze.
Il nous demanda d'être présent. J'étais encore en pyjama, mais je pensais pouvoir prendre une douche en attendant qu'il fasse un brin de ménage.
M. Rose, dans un élan de bonté lui avait rétabli l'eau pour qu'il puisse nettoyer. Sympa.
A peine la serpillière passée, le sol encore mouillé, M. Rose se présenta. Il avait amené avec lui un homme en costume avec attaché case, l'air sérieux et tout et tout. Il le présenta comme un huissier. L'homme rectifia, mais ne savais pas ce qu'il était censé être, il s'embrouillait. Je lui donnais un coup de main.
- Vous êtes ?
- heu... un heu... un amis... de la famille, heu...
- Un médiateur, c'est ça ?
- Oui, parfaitement, je suis le médiateur ! (regard reconnaissant)
- Bah tant mieux. Plus y'a de témoins, mieux c'est.
A peine entré, M. Rose s'exclama :
- C'est sale ici ! Regardez, là et là, et là, c'est plein de saletés !
- Ha ben excusez moi, ça fait dix jours qu'on n'a pas d'eau et vous me l'avez rétablie il y a dix minutes, j'ai fait ce que j'ai pu.
Comme prévu, M. Rose se mis à inspecter le carrelage et compter les carreaux ébréchés. Il cherchait manifestement un carreau supplémentaire à facturer.
- Et celui là ?
- Hmmm ? Non, c'est un cheveux sur le sol.
- Ha oui, mais c'est sale aussi !
- Évidement, c'est pas sec et vous faites des traces de pas partout.
J'interpellais le « médiateur » :
- Vous ne trouvez pas ça un peu ridicule ? On voit bien que le carrelage est en bon état. Il cherche la p'tite bête.
Il ne pouvait ignorer que M. Rose était de mauvaise foi. Déjà, présenter un membre de sa famille comme huissier, c'était quelque peu ridicule.
Rose s'est mis à crier qu'il manquait une serpillière. Aussitôt, j'allais en chercher une et la lui offrait. Pfff.
- Et la télé ? Elle fonctionne ?
- bah oui, heu, regardez...
Le voisin allume la télé et là, stupeur, c'est tout gris !
- Mais je n'comprend pas ! Elle marchait encore ce matin !
- Aha ! Vous avez cassé la télé !
- Mais non, qu'est ce que c'est que ce bordel ?
J'interviens :
- la télé fonctionne, là, c'est l'antenne qui semble être débranchée. On ne reçois pas les chaînes. Mais je pense que ça vient de l'antenne...
Le « médiateur » murmura quelque chose à M. Rose qui revint en changeant magistralement de sujet.
Ce gros salopard avait dû débrancher l'antenne en amont et allais être pris en flagrant délit de mensonge et d'escroquerie.
M. Rose trouva finalement des trucs à redire : l'égouttoir à vaisselle manquait (il était pourris et nos voisins l'avaient jeté); une rallonge électrique également; et un carreau du plan de travail de la cuisine était ébréché.
- Mais ça a toujours été comme ça !
- Non, non, non ! Je l'aurais noté sur l'état des lieux si je l'avais vu comme ça.
- Non, vous avez noté les carreaux abîmés AU SOL, pas sur la paillasse de la cuisine !
- Ha mais je l'ai pas noté parce que c'était tout neuf. Sinon, je l'aurais fait patatipatata.
On était tous exaspérés de tant d'hypocrisie.
- Je vous ai rendu un appartement nickel, il est plus propre qu'à l'arrivé, je ne signerais pas un état des lieux qui dit autre chose.
Le « médiateur » intervint :
- Monsieur Rose a une proposition à vous faire. Asseyons nous.
- Bon.
- Voilà, vous lui laissez votre appareil de musculation, et on n'en parle plus.
Je m'esclaffais :
- Ha ! J'en étais sûre ! J'vous l'avais pas dit ? Hihi ! J'avais raison, j'avais raison ! C'est votre bidule de sportif qu'il veut depuis le début ! (Oui, je suis lourde parfois)
Regards de travers du médiateur et de M Rose. Moment de silence.
- Ecoutez, cet appareil vaut bien plus qu'un mois de loyer. C'est ridicule et d'ailleurs il est déjà démonté et partis.
- Ha bon ? Il est partis ?
- Oui oui oui. On l'a emmené l'autre jour.
M Rose tournait sa langue dans sa bouche. Il brûlait de dire quelque chose mais se retenait. Il savait que l'appareil était encore dans notre appartement, mais comment le dire sans reconnaître qu'il entrait chez nous à notre insu ?
Notre voisin refusa de signer cet état des lieux qui le mettais en tort. Il nous emprunta une ralonge et un égouttoir à vaisselle pour les donner à M. Rose en remplacement des pièces manquantes.
Tout le monde se serra la main, dans la crispation. M. Rose avait l'air relativement calme.
J'échangeais quelques mots avec le « médiateur ». C'était en fait un membre de la famille Rose qui me dit travailler dans un cabinet d'avocat. Je n'y croyais pas trop. Je pense surtout qu'il était mandaté par la famille pour surveiller M. Rose. Éviter ses débordements qu'ils ne devaient pas ignorer.
Nous avons chargé la voiture avec les pièces de l'appareil de muscu démonté, et avions du mal a fermer le coffre. On gardait les yeux, à tour de rôle sur la voiture car on voyait bien que M. Rose nous observait en fulminant.
M. Rose ramena le médiateur chez lui.
On aurait dû profiter de ce moment pour partir vite fait. Mais, soulagé de son départ, on en a profité pour se détendre et prendre un thé.
M. Rose fut vite de retour et se gara, une énième fois, de façon à empêcher le départ du voisin. Il était furieux de voir l'appareil de muscu dans le coffre.
Le voisin voulant partir, on fit des pieds et des mains pour qu'il bouge sa voiture, mais rien à faire. D entreprit de défaire le frein à main et de pousser la voiture ce qui mis Rose dans une colère noire. La situation dégénèra et Rose se mis à taper sur la bagnole du voisin et à jeter un carton dessus.
Appel des gendarmes, arrivée tonitruante de ceux ci qui connaissent la maison maintenant.
Ils le raisonnent. M. Rose déplace sa voiture, les gendarmes s'en vont.
Dès que notre voisin monta dans sa voiture, M. Rose sauta dans la sienne et la démarra.
- Ben ? Qu'est ce que vous faites ? Vous n'allez pas le suivre ?
- VOUS ! Mêlez vous de ce qui vous regarde !
Le sportif s'arrèta. Il essaya de raisonner M. Rose :
- On a porté plainte deux fois à la gendarmerie ! On leur a dit que vous nous avez suivi l'autre jour ! Vous n'avez pas intérêt à recommencer !
Mais Rose ne l'entendais pas ainsi.
Je me plaçait derrière la voiture de M. Rose. Je fis signe au voisin de partir. Je voulais empêcher Rose de reculer et faire sa manoeuvre. Mais celui ci reculait tout de même et je fut contrainte de me pousser. Entre temps, D m'avait rejoint. Il avait l'habitude de sécuriser les abords de manifs. Empêcher les automobilistes énervés de passer et foncer dans la foule.
Rose recula encore. Mais D ne bougea pas. Lorsqu'il lui cogna le genoux, D cria « aïe » et donna des petits coups sur la caisse. Moi, je me mis à crier.
- Mais vous êtes fou ? Vous n'allez pas l'écraser quand même !
- Arrêtez de taper sur ma voiture !
- Arrêtez de me rouler dessus !
- Vous n'avez qu'à vous pousser !
J'avais très peur, je voyais la folie dans les yeux du père Rose. Il regardait la voiture des voisins et « son » appareil de musculation s'en aller. Je crois qu'il se considérait comme spolié de cet appareil.
Il recula encore sa voiture. D. Tapa sur le capot, plus fort, mais ne bougea pas.
Le voisin s'était arrêté et regardait la scène avec effroi. On l'enjoignait de partir mais il ne voulais pas nous laisser avec ce fou furieux.
Rose stoppa, et sortit de sa bagnole. D me dit qu'on allait pas rester là, qu'on allait voir les flics. Je descendis fermer notre appartement à clefs. J'imaginais que Rose, dans l'état ou il était pourrais profiter de notre absence pour tout saccager.
Je vis M. Rose se diriger vers sa terrasse. Ça m'a étonnée. Je me suis dit « tien, il abandonne ? »
Lorsque j'étais en bas, j'entendis D crier « Attention il a une arme ! »
Je suis remontée en courant. D était dans notre voiture, prêt à démarrer et on fila tous à la gendarmerie.
J'étais toujours en pyjama. D était en caleçon.
(On adore passer nos matinées chez les poulets en pyjama. C'est vraiment la classe.)
M. Rose n'avait pas « abandonné », il était parti prendre sa machette et se dirigeait vers le voisin en la cachant plus ou moins dans son dos. C'est à ce moment que D avait crié. Il avait eu vraiment peur qu'il découpe notre voisin en rondelle.
M. Rose est réellement fou.
Il nous restait un mois à vivre dans cet appart, et nos seuls alliés, nos voisins étaient partis.
Nos voisins, dans leur déménagement cauchemardesque n'avaient pas pu emporter leur appareil de musculation.
Je subodorais (oui oui oui, je « subodore », moi !) que M. Rose lorgnait sur cet appareil.
Aussitôt nos voisins partis, D et moi avons démonté la bête et mise à l'abri, dans notre appartement.
Nos voisins étant partis avec notre voiture, il fallait bien qu'ils passent nous la rapporter, et nous avons convenus qu'ils nous appelleraient du haut de l'impasse. Nous en profiterions pour fêter la fin de cette histoire, au resto, tous ensemble.
Enfin, la fin, ou presque. Les sportifs avaient encore l'état des lieux à faire, nous avions encore un mois à vivre avec ce fou.
M. Rose n'avait pas réalisé qu'ils étaient partis avec toutes leurs affaires. Lorsqu'il s'en rendit compte, il nous demanda illico (« c'est un ordre ») leurs coordonnées. De toute façon, nous n'avions pas leur nouvelle adresse. Ils logeaient chez un ami en attendant de trouver une autre location. Je lui répondait que de toute façon, il les verrait pour l'état des lieux.
Mais lorsqu'il nous vit partir à pieds, sachant que les sportifs avaient notre voiture, il nous suivit.
Nous avons retrouvé nos voisins en haut de l'impasse. Ils devaient faire un crochet par le bourg pour chercher leur ami qui les hébergeait. Donc, ils passaient devant et nous les suivions en voiture. Soudain, D ralentit et regarde avec insistance dans son rétroviseur.
- Non ? D ! Tu ne crois pas que...
- C'est pas une clio blanche derrière ?
Je me retourne.
- Heu, moi les voitures hein... Y sont deux. Bah, de toute façon, ils viennent de tourner.
- Mince ! On a perdu les autres devant !
- C'est pas grave, on va les attendre au resto.
- Ha ha ! On devient complètement paranos !
- Oui, c'est dingue ça ! On a vraiment cru qu'il nous suivait ! Ha ha ! On va raconter ça aux autres, on va rigoler de toute cette histoire de fou ! (oui fou, au singulier)
Nous avons donc été directement au restaurant. Peu après, la voiture des sportif arrivait, suivie de près par une clio blanche. Lorsqu'ils entrèrent sur le parking, juste après le virage, M. Rose ne le vit pas, il continua tout droit et ralentis, ralentis. Puis il entra à l'autre bout du parking et stationna.
Les sportifs, n'en croyait pas leurs yeux. Ils avaient été suivis !
Sans doute, les Roses avaient tourné dans le bourg à leur recherche et les avaient retrouvé. (Je dis « les Roses », car Mme Rose était aussi dans la voiture.)
- Nan mais j'y crois pas ! Je vais aller lui dire deux mots à celui là.
- Aha ! On n'avait pas halluciné, c'était vraiment lui derrière nous ! On l'a vu qui nous suivait, on a cru qu'on tournait paranos !
- Hé ! M. Rose ! M. ROSE ! HO VOUS M'ENTENDEZ ! HÉ ! REV'NEZ ! HÉ ROSE ? QU'EST CE QUE VOUS FAITES LÀ ?
Les Roses qui se croyaient discrets, sortirent de leur voiture et se dirigèrent précipitamment vers la plage, main dans la main en faisant mine de ne rien entendre. Bien sûr, ils étaient là par hasard, et avaient envie d'une petite promenade romantique au bord de mer. Bien sûr, bien sûr.
On gara nos voitures devant le restaurant, histoire de les avoir à l'oeil. Des fois qu'il leur prendrait l'envie d'en dégonfler les pneus.
Et on passa une bonne soirée.
- Mais pourquoi vous voulez faire l'état des lieux ? Y'a plus de caution en cause.
- Ha mais j'ai jamais voulu l'arnaquer, je vais lui rendre un appart nickel, et il va bien voir qu'il avait tort.
- Mais que dalle ! Il est d'une telle mauvaise foi, il trouvera toujours un truc.
- Peut-être, mais moi j'aurais été honnête jusqu'au bout. Je ne lui ai pas payé son mois de loyer, il garde la caution, l'appart est nickel, je fait l'état des lieux et on est quitte. Basta !
- Chuis pas convaincue
- Je ne veux rien avoir à me reprocher.
- Pffff ! À ta place, j'irais pas.
D et moi, avions signés pour l'achat d'une maison.
D avait décrété que les propriétaires, c'était finit. Il était temps qu'on se sentent un peu « chez nous » quelque part.
J'avais touché une part de mon héritage (bah oui) D était fonctionnaire. On n'avait pas les yeux plus gros que le ventre et on a signé en avril pour une petite maison avec un grand jardin dans le sud de l'île. La banque était d'accord, l'agence compétente, et la maison, une affaire sur laquelle on a sauté à pieds joints. On pensait pouvoir emménager courant juillet. Peut-être aurions nous même, avec un peu de chance, le temps de faire quelques travaux avant de rendre l'appartement du Robert.
Il ne manquait qu'une chose : un petit papier. L'offre de prêt que la banque devait nous envoyer par la poste courant juin.
Mais cette feuille n'arrivait pas. D a remonté les bretelles de son banquier, qui lui en a renvoyé un second exemplaire. Il n'est pas arrivé non plus.
M Rose nous causait énormément de stress. Nos voisins les sportifs étaient à bout. Et ce courrier qui n'arrivait pas nous angoissait d'autant plus qu'il était hors de question de prolonger notre location chez les Roses. Qu'allions nous faire si nous ne pouvions pas avoir notre maison au 31 juillet ? Nous pourrions bien partir en vacances, mais ou mettre nos meubles, notre électroménager et toutes nos affaires ?
Le 24 juin, donc, nous avons craqué et payé notre loyer.
M. Rose, fort de ce résultat, augmenta encore la pression sur les sportifs. Le lendemain, la voisine trouva les pneus de sa voiture dégonflés. Plainte contre X au commissariat. Son compagnon, furieux, alla dire deux mots à M. Rose.
- Vous vous croyez au dessus des lois ? Vous vous rendez compte qu'elle aurait pu avoir un accident ? Et qu'elle n'a pas pu aller travailler ce matin ?
- Payez moi votre loyer et vous n'aurez plus de problème.
-Aha ! Vous avouez !
- Non, mais vous devez me payer ce loyer, ou sinon...
- Sinon quoi ? Des menaces ? Vous me menacez ?
- Je ne vous menace pas, je vous préviens ! Vous verrez bien !
- Mais elle aurait pu avoir un accident ! Heureusement qu'elle s'est rendue compte rapidement que les pneus étaient dégonflés ! Vous vous rendez compte que vous auriez pu la tuer ?
- Je vous ai dit de me payer mon loyer, je n'ai rien à vous dire de plus !
Le comble est que M. Rose est un ancien moniteur d'auto-école. Mon petit doigt me dit qu'il n'avait-il pas le sang froid et la patience nécessaire à ce métier difficile.
L'après-midi, Il avait mis sa voiture en travers, empêchant nos voisins d'utiliser la leur. C'était devenu monnaie courante.
Comme rien n'arrivait à le faire partir et qu'il s'opposait physiquement à ce qu'on pousse sa voiture, la voisine, en larme, a été contrainte d'appeler les gendarmes.
Ceux ci ont essayé de raisonner M. Rose. Ils connaissaient le personnage. Ils lui disaient qu'il n'avait qu'à garder la caution, que ce n'était pas un problème. Ils entrèrent avec lui dans sa maison pour discuter tranquillement.
Profitant de la présence des hommes de lois (pfffff !) les sportifs décidèrent de déménager en catimini.
Rien n'était emballé. Il fallut démonter les meubles dans l'urgence. On leur prêtait notre voiture pour qu'ils aient un deuxième véhicule pour transporter leurs affaires et ne faire qu'un seul trajet.
Les gendarmes nous ont appris que les problèmes avec M. Rose était courant, et qu'il avait aussi eu des plaintes d'un ancien locataire pour vol de courrier. D et moi nous sommes envoyé un regard éloquent : Le courrier de la banque qui n'arrive pas ! Mais c'est bien sûr !
Mon histoire chez les Roses
Déjà presque finit
Ça me fait quelque chose
Après deux ans d'oublis.
Hé ! Vas-y si tu l'oses
Ça m'a pris le mois de mai
Je me demande en proses
Ce que j'vais faire après.
Les nouveaux voisins nous surnommaient « les végétariens » avec un air moqueur, eu égard à notre alimentation non carnée. Je les surnommais « les sportifs », ça leur allait très bien.
Ils avaient acheté un appareil de musculation qui fit baver d'envie M. Rose. (et mourir de rire leurs voisins, nous, en l'occurence)
Ils comptaient le mettre sur leur petite terrasse. La « bête » y prendrait beaucoup de place, mais tant qu'à faire, autant s'exercer au soleil.
M. Rose leur offrit généreusement d'installer leur appareil sur sa grande terrasse. (Vous savez, celle juste au dessus de notre appartement.) Et c'est ainsi que nous avons eu la joie d'être réveillé tous les matins par M. Rose, faisant ses exercices de muscu, juste au dessus de notre chambre, sur la musique entraînante de radio révérence « Ho merci Seigneur, Halleluya ! »
* * *
Le mois de juin arrivait et la date fatidique du 5, date limite de paiement des loyers.
J'espérais Naïvement que D et les sportifs mettraient les choses au clair avec M Rose. Mais ils ont plutôt décidé de faire l'autruche et d'attendre, voir ce qu'il se passe.
Évidement, M Rose est venu nous réclamer son dû. D a prétexté des ennuis temporaires d'argent. Nos voisins ont été plus francs, mais moins diplomates.
- On craint que vous ne nous rendiez pas notre caution.
- Comment ? Mais bien sûr que si ! Je vais vous la rendre, alors payez moi mon loyer !
- Mais si vous comptez nous la rendre, quelle différence ça fait qu'on ne paye pas le dernier mois de loyer, et vous gardez la caution ?
- Mais vous n'avez pas le droit ! Vous devez me payer ! (...)
Le ton montait tant et si bien que nous sommes sortis de chez nous pour calmer notre propriétaire.
A partir de ce moment, ce fut la guerre.
Pour commencer, M Rose sépara un de ses moutons et l'attacha sous notre fenêtre.
Saviez vous qu'un mouton, séparé de ses pairs bêle environ une fois par minute ? Moi non plus. Maintenant, je le sais (et vous aussi par la même occasion.)
Mais nous n'étions pas à plaindre, les sportifs n'avaient plus d'eau !
Le voisin était scandalisé.
- Il n'a pas le droit de faire ça ! J'ai travaillé dans l'immobilier et je sais qu'on n'a pas le droit de couper l'eau aux gens ! Déjà qu'il nous harcèle littéralement tous les jours. Ma copine a peur !
- Bon. Prends un seau... Allez, je vais te remplir des bouteilles.
Un jour, M. Rose gara sa voiture en travers devant la voiture de nos voisins pour les empêcher de partir. Il bloquait aussi la notre par la même occasion. Informés par le tintamarre qui s'en suivit, nous sommes montés, et D a déclaré avoir besoin de faire un tour. M Rose a dû pousser sa voiture pour nous laisser partir, et nos voisins aussi par la même occasion.
Mais à notre retour, plus de place pour nous sous le auvent. Pour nous punir, M Rose nous retira la place de parking couverte qui nous était attribuée. La saison des pluies commençait, et nous avions une vitre brisée. Notre voiture se transforma en piscine.
Nous avons vérifié sur notre contrat de location qu'une place de parking nous était attribué, mais rien ne stipulait qu'elle devait être couverte.
Le soir de la fête de la musique, nous sommes sortis voir un concert, comme il se doit.
Quand nous sommes rentrés, le disjoncteur était éteint, et nous avons trouvés un verre cassé. Je me souvient très bien avoir pensé que ce verre était trop près du bord de la table au moment de partir. Mais aucun risque qu'il ne chute en notre absence.
Bref, quand on est rentrés, le verre était par terre. Sans aucun doute, quelqu'un s'était introduit chez nous. C'était idiot de couper
notre électricité alors que l'interrupteur était à l'intérieur de l'appartement.
Nous nous sommes rendus compte par la suite qu'il n'y avait pas que le disjoncteur de coupé, notre contrat de bail, posé bien en évidence sur le bureau (mais qu'on est bête aussi) avait disparu.
Quelques jours plus tard, plus d'eau. Il faut savoir qu'aux Antilles, les coupures d'eau, et d'électricité sont très courantes. On ne s'est pas affolés. On a cru (enfin, espéré) à une panne générale.
C'est devant le ton fuyant de Mme Rose qu'on a commencé à se poser des questions.
- Holala, encore une coupure, vous avez de l'eau chez vous madame Rose ?
- Hmmm, bonjour...
- On n'a plus d'eau depuis ce matin, et vous ?
- Ho heu, je sais pas...
Vloup, elle s'enfuit en trottinant.
Aïe.
Le robinet devant notre porte ne fonctionne plus non plus.
Vivre sans eau courante, c'est dur. Sous les tropiques, c'est très dur.
Pas de douche, pas de possibilité de laver son linge, et que dire de la vaisselle qui s'entasse ?
Bien sûr, pas moyen de demander de l'aide aux voisins, eux-mêmes privés d'eau depuis une semaine. Le robinet d'arrivée était introuvable.
Je vous passe les engueulades et menaces entre D et M. Rose.
Le 24 juin, nous avons payé notre loyer.
- Hé Sarah, t'es rentrée !
- Je serais bien restée en métropole avec mon chéri.
- J'imagine, dur dur la séparation...
- Ouais, j'en peux plus d'être ici et lui là bas.
- Tu sais pas ce qu'il nous a fait comme crise le père Rose ?
- Ho ben lui...
- Il a vu le câble de téléphone, il a cru qu'on piquait de l'électricité...
- Mouarf ! Il est tellement radin, tellement près d'ses sous, ça m'étonne pas.
- Après il nous a fait un cake pour qu'on nettoie le palier.
- Où ça ? Là ? Pfffff ! D'ailleurs c'est autant à moi d'le faire qu'à vous...
- Ha tien, j'aurais pu lui dire ça ! Hihihi !
Sarah vivait séparée de son ami, resté en métropole. Les allers-retours et les communications téléphoniques pesaient lourd sur son salaire d'institutrice stagiaire. Elle déprimait sérieusement et cherchait un moyen de rentrer. Elle noyait son chagrin dans le rosé. Je me faisais un devoir de l'aider à finir ses bouteilles, les copines, c'est fait pour ça.
- J'ai demandé un prêt à la banque, ils me l'ont refusé...
- Merde ! En même temps, tu sais, c'est pas une solution...
- A cause de Rose !
- ???
- Il me fallait une quittance de loyer, j'ai donné le reçu que Rose nous donne tous les mois...
- Ha ça, c'est pas une vraie quittance, y'a même pas d'adresse dessus, y'a même pas marqué que c'est pour un logement. Ses « quittances » c'est du bidon.
- Ben c'est ce qu'ils m'ont dit. Alors j'ai été voir Rose, je lui ai dit que j'avais des problèmes de sous, que j'avais besoin d'une « vrai » quittance pour demander un prêt...
- Et ?
- Il a dit qu'il allait y réfléchir.
- Qu'est-ce que ça peut lui foutre de faire une quittance ? On s'le demande. P'têtre qu'il déclare pas aux impôts...
- Bref, il est venu me voir, avec sa femme, tout gêné. J'peux te dire qu'ils avaient pas l'air fier. Il m'a dit qu'il pouvait pas me faire de quittance et que, justement, je suis en retard pour mon loyer alors si je pouvais le payer tout de suite...
- Vache ! Culotté !
- 'tain, je lui confie que j'ai des problèmes d'argent et « hop ! » Il se précipite pour encaisser le loyer !
Sarah était furieuse. Elle maugréait sur ces soit disant chrétiens qui se croient mieux que tout le monde, imposent leur radio bien pensante toute la journée et n'ont pas un soupçon de charité.
Début Mars, elle rentra en métropole pour raison de santé.
Lorsque elle quitta son logement, elle passa un coup de serpillière sur le palier.
- HA QU'EST CE QUE C'EST PROPRE ICI ! HA ÇA BRILLE ! Hurla M. Rose en passant. Puis, juste devant ma porte :
- ÇA DEVRAIT TOUJOURS ÊTRE COMME ÇA ! C'EST PROPRE, C'EST BIEN PROPRE POUR UNE FOIS.
Je sortis la tête de chez moi :
- Vous croyez pas que vous exagérez là ? Vous jouez à quoi exactement ?
Il fit semblant de ne rien entendre. Peut-être avait-il vraiment un problème auditif ce jour là. Les oreilles aussi bouchées que le reste. Il me tourna le dos et frappa chez Sarah pour faire l'état des lieux de sortie.
- Ho oui, très bien, il a rien noté, mais il exagère quand même !
- Pourquoi ?
- Je m'en vais demain : le 8 mars. Pour pas faire de problème, je lui paye tout le mois...
- T'as pas demandé à payer juste le tiers ? ou la moitié ?
- Nan, nan. Comme j'ai donné mon avis de départ y'a seulement un mois, j'ai pas voulu faire d'histoires...
- Heu oui mais on avait vu qu'en cas de problème de santé, tu n'as pas à donner ton avis de départ plus d'un mois avant... Et puis c'est un meublé...
- Déjà qu'il râle... Alors bon, je m'en fiche, mais il veut pas me rendre la caution maintenant.
- Je pige pas... Tu viens de me dire que ça c'est bien passé...
- Oui mais il dit qu'il a deux mois pour rembourser la caution.
- C'est pas sympa ! Il sait bien que t'es fauchée comme les blés, et une fois en métropole, tu vas être un peu loin pour lui réclamer ta caution.
- Fauchée comme la canne à sucre, plutôt !
- Héhé !
Deux mois plus tard, je reçu un e-mail de Sarah. Elle était furieuse. Il ne lui avait toujours pas rendu sa caution et l'avait envoyée promener au téléphone. Depuis la métropole, elle était un peu loin pour faire quoi que ce soit et décida de l'appeler tous les jours.
Finalement, il lui rendit la moitié de la somme, prétextant des taches sur le matelas et une brûlure de cigarette sur la table en plastique. soit 250 euros !
La somme prélevée était disproportionnée. Evidement il n'a jamais remplacé ni le matelas, ni la table.